Gérer votre absentéisme en entreprise

Absentéisme : le taux n’est pas tout

Cela ne manque pas : lors de nos interventions chez les clients, la question surgit rapidement : « J’en suis à x,xx % d’absentéisme, quel est le taux normal ? ».
Nous répondons alors par une autre question :

« Comment calculez-vous votre taux ? »

Comme il s’agit d’une division (souvenir de CM2), il faut examiner attentivement le contenu du numérateur et du dénominateur car de nombreuses variantes existent qui ne rendent pas ce taux « normalisé » (au sens AFNOR).

Pour le numérateur, les jours ou heures d’absence, les entreprises ou organisations incluent en général les absences liées à des arrêts maladies ou à des accidents de travail (ou de trajet), les absences injustifiées ou retards mais selon l’historique ou la coutume propre à chaque organisation, ces absences peuvent aussi comprendre :

  • les congés pathologiques,
  • les congés maternité,
  • les heures liées à la délégation syndicale,
  • les congés liés à des événements familiaux (souvent prévus dans la convention collective).

À la lecture de ces variables, on peut comprendre que le numérateur peut différer notablement : dans une organisation comprenant une part importante de femmes entre 20 et 40 ans (par exemple en hypermarché), le fait de prendre en compte ou non les congés maternités n’est pas neutre.
Pour notre part, chez GPA Initiatives, en plus d’un taux d’absentéisme global, nous suivons les recommandations de l’A.N.A.C.T. (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) en établissant un taux d’absentéisme qui comprend les paramètres sur lesquels l’organisation peut avoir prise :

  • les arrêts maladies,
  • les absences ou retards injustifiés,
  • les maladies professionnelles,
  • les accidents de trajet,
  • les accidents de travail.

Taux d'absentéisme : Les principales causes d'absentéisme

 

Il nous semble pertinent d’avoir une analyse fine de ces facteurs et d’obtenir quand cela est possible un numérateur en heures. Cela permet de s’extraire de l’écueil posé par les organisations à multiples temps partiels ou pour les entreprises ayant des accords sur le temps de travail particuliers (exemple 4 journées de 9 heures). Certaines organisations, en particulier dans le domaine public, obtiennent les jours d’absence en prenant les dates figurant sur les arrêts maladies et en appliquant un coefficient de 5/7. Ce calcul ne nous paraît pas judicieux car il tend à sous-estimer les arrêts de courte durée, pourtant indicateur d’alerte avancé.

Pour le dénominateur, les jours ou heures de travail théoriques, il y a moins de diversités de variables mais elles existent néanmoins. La durée du travail théorique dépend en effet de l’effectif de la période considéré multiplié par le travail théorique demandé à chaque individu.
L’effectif de la période considéré peut être une moyenne mensuelle sur l’année des effectifs en ETP ou une décision arbitraire de prendre les effectifs inscrits au 31/12 de l’année. Il est évident que pour des entreprises connaissant une saisonnalité importante ou des mouvements de personnel, réorganisation, la première option nous semble plus adéquate.
C’est là que le calcul par heures, qui peut paraître fastidieux pour le numérateur, dévoile son intérêt en termes d’homogénéité et donc d’objectivité. Le nombre d’heures théoriques travaillés par individu est relativement aisé à calculer. Nous procédons ainsi chaque fois que les systèmes d’information nous le permettent.

Taux d’absentéisme : quel intérêt ?

Comme tout indicateur, l’intérêt premier d’un taux d’absentéisme est l’analyse de son évolution, à condition que l’homogénéité soit conservée. La comparaison d’un taux d’absentéisme entre deux organisations, à fortiori pour un panel national, n’est donc possible que si les conditions d’homogénéité ont été validées et vérifiées, ce qui est loin d’être évident.
Le changement de méthode de calcul d’un taux d’absentéisme est donc une décision très importante à considérer, en termes d’enjeux sociaux. La communication doit être transparente et démontrer une rigueur scientifique, que ce soit pour le contenu du numérateur comme pour celui du dénominateur. Cette sensibilité sociale fait d’ailleurs que le calcul du taux est souvent peu révisé alors qu’il a pu être établi dans une société qui a fortement évolué depuis 1977 (décret établissant le bilan social).


Catégorie : Taux Absentéisme
Mots clés : AFNOR, ANACT, Arrêts Maladies, Bilan social, GPA Initiatives, Taux d'absentéisme
Publié par : Gurvan COLLIN

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